Les invertébré(e)s

Geneviève Allard
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(Photo: Deposit Photos)

Dans mes pieds: Aspirants souliers de matelot rouges

Dans mes oreillesEtienne d’Août, magique chanson de Malajube reprise magiquement par le groupe Plants & Animals et Démon Vert, le nouveau Dany Placard, qui sort demain chez les disquaires.

Dans mon esprit: “Some people never go crazy, What truly horrible lives they must live.” - Charles Bukowski.

***

Quand j’avais 14 ans, je suis tombée amoureuse d’un gars. Mais vraiment amoureuse. Je le voyais dans ma soupe et dans mes céréales. Je ne pensais qu’à lui, je ne faisais qu’attendre son appel. Heureusement que le texto et le courriel n’existaient pas à cette époque, parce que je serais bien devenue folle. Et lui aussi. Je nous imaginais être un couple qui transcenderait le temps et l’espace. J’ai mis de côté mes amis, j’en ai oublié mes activités et intérêts, je me suis fondue en lui.

J’ai passé l’été de mes 14 ans à l’attendre, à l’espérer, à me mettre en dernier et à le placer en premier. Ma colonne vertébrale est devenue solide comme du pudding au caramel.

Guess what ? Il m’a flushé.

J’étais trop pognée dessus. Trop impressionnable. Trop pâmée. Trop toute. Le gars en était pas un mauvais,  c’était un bon amoureux. Et il a même été un parfait gentleman la rupture venue. Le problème, c’était moi et mon « invertébrisme » affectif.

Les années ont passé, les amours aussi. Certains plus signifiants que d’autres. Sauf que j’ai appris. À 14 ans, ça peut être cute, voire même normal de perdre la carte quand notre cœur est prêt d’exploser à cause du gars assis dans le fond de la classe. À 16 ans, ça arrive encore, à 20 ans peut-être aussi, mais chaque fois, j’ose espérer qu’on avance et qu’on arrête de s’oublier en amour. 

Et là, je m'adresse aux filles, parce que c'est ce qu'il m'appert que c'est observable plus souvent chez les êtres de mon sexe, mais on s'entend, ça s'applique fort probablement de tous les côtés... et il y a des exceptions!

15 ans plus tard, force est de constater que j’observe encore des cas « d’avec pas de colonne » en amour. J’ai beaucoup trop d’amies exceptionnelles et brillantes qui se coltinent à des gars not that into them. Je vois beaucoup trop de filles magnifiques et fucking indépendantes clairer leur horaire au cas où le dude leur ferait signe. Sérieusement, ça me donne de l’urticaire. Pu capab’ de voir ces merveilles s’oublier dans l’espoir de connaître le grand amour ou même le grand orgasme.

Alerte au cliché véritable : Le grand amour est censé nous donner des ailes, pas nous les couper.

Et tiens tant qu’à y aller dans le cliché et à ratisser large, il est révolu le temps où on votait la même chose que son homme, qu’on se substituait à lui. Ne me méprenez pas, c’est un projet noble, honorable (et le mien aussi) d’avoir un amoureux avec qui partager sa vie, une famille, des projets et une hypothèque. Sauf que ce n’est pas all that non plus!

Force est de constater que j’observe encore des cas « d’avec pas de colonne » en amour.

Les filles, arrêtez d’attendre après les autres! Si vous doutez et vous questionnez sans fin, ce n’est pas bon signe! Cessez de tenter de faire entrer le premier venu  dans le moule que vous avez créé. Ne vous faites pas 36 000 scénarios et arrêtez de tout excuser. Ne donnez pas des free rides à qui que ce soit pour vous traiter comme de la bouette. Arrêtez de spinner.

En fait, surtout (et après, j’arrête de vous faire la morale) faites-vous confiance. Et là encore une fois, je m'adresse surtout aux filles. Pas tous les gars sont des caves qui vont vous larguer à la première tuile. Pas tous les mecs pensent que vous êtes trop grosse, trop grande, trop maigre, trop blonde, trop myope, trop vieille, trop jeune, trop conne, trop ceci, trop cela. Trouvez donc un quelqu'un qui vous trouve too much.Dans le bon sens, évidemment. 

En plus, la majorité des filles sont les premières à être allumées par des mecs indépendants, sociables, et qui vivent une vie bien remplie. Ne pensez-vous pas mesdames que ce n’est pas la même chose pour la plupart d’entre eux ? Ils vous préfèrent animées de projets, de soif de vivre et d’indépendance que scotchées au téléphone.

Oh et un dernier conseil en terminant: Faites ce que je dis…pas ce que je fais…ais !

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Accepté: Le maire de Reykjavik Jon Gnarr. Un être profondément flyé mais qui semble sortir la capitale de l’Islande du marasme…et qui a demandé à « chacun des membres du conseil issus du parti social-démocrate –au moment de la mise en place de la coalition– qu'ils regardent les cinq saisons de l'excellentissime série The Wire, qui dépeint de manière pyramidale les imbrications économico-politico-mafieuses au sein de la ville de Baltimore aux États-Unis. 

Refusé: La campagne publicitaire de 4citoyens.org pour inciter les gens au vote. « Exprime-toi ou tais-toi.»  Je n’ai rien contre une offensive marketing pour amener les gens à exercer leur droit de vote. J’en ai contre la méthode paternaliste et débilitante employée. Avec des vidéos comme ceux-là, on dirait que je comprends encore davantage les gens qui ne votent pas de ne pas y aller et d’en avoir soupé de se faire dire quoi faire. Et avec une telle campagne publicitaire, j’ai un argument de moins dans ma manche pour les enjoindre à voter.

 

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